Situationnistes en 1968, nantis conformistes en 2008
Situationnistes en 1968, nantis conformistes en 2008, tu as choisis ton camp, camarade !
De facto, les révolutionnaires de Mai 1968 continuent à nous jeter des pavés à la figure, sauf qu’il s’agit là de pavés écrits pour profiter un instant de la nostalgie de cette époque. Pour eux, en quelque sorte, on monnaye aujourd’hui ce mythe français pour se payer de nouvelles vacances avec les droits d’auteurs. Sous le clavier, la plage, en quelque sorte.
Je n’étais pas né en 1968. Mes parents travaillaient en Alsace où la vague révolutionnaire pourtant partie plus tôt n’avait rien d’un Tsunami. Les situs de Strasbourg avaient donné le « la » (Je serais curieux de savoir où se situerait Guy Debord aujourd’hui). Une équipe étudiante courageuse (salut à elle) faisait flotter le Rot un Wiss sur la cathédrale alors que la presse, elle ne comprit pas pourquoi on fit flotter le drapeau monégasque sur Notre Dame.
Certains pouvaient alors cheminer vers Peshawar alors qu’aujourd’hui même les GI n’y arrivent pas. D’autres préféraient Katmandou ou Wight.
La révolution, certains la rêvaient avec De Gaulle, d’autres sans et le mois de Mai suivait son cours. Sur les radios, écoutant Europe 1, on suivait de près les événements. Il y avait un peu de gaz lacrymogène dans ce parfum de printemps. Depuis d’ailleurs, à chaque printemps où presque, lycéens et étudiants rêvent de refaire leur « Mai 68 ».
Mais que sont les révolutionnaires devenus ? En écoutant l’ensemble des émissions consacrées à cette époque, on les découvre puissants, à la tête d’entreprises cotées, exerçant de hautes fonctions. Bien sûr, ils disent n’avoir rien renié. On se demande dès lors comment se fait-il que le « vieux monde » ait continué à prendre des rides, comment certains ont pu passer du col mao aux costumes Boss, comment la carte gold a remplacé le petit livre rouge.
On s’interroge sur ce retour à la normale. Les révolutionnaires de 1968 ne sont-ils pas devenus les nantis conformistes de 2008 ?
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