Saint Sylvestre et Nouvel An : Insécurité à Strasbourg, le temps du parler vrai
Le silence est d’or mais l’insécurité nous coûte beaucoup d’argent.
Il n’y aura donc pas de communication officielle sur les chiffres de l’insécurité et des actes de délinquance liés à la fin de l’année 2011. L’objectif est de ne pas stimuler une compétition entre « quartiers », tout cela à l’ère d’internet, des sms … Au niveau national, 60.000 personnes liées aux forces de l’ordre ont été mobilisées, sans compter les membres de la police municipale, les pompiers, les services de santé. Merci à eux !
Le coût de la délinquance et de la criminalité, cet inconnu
Et si l’on parlait chiffres ?
Crise oblige, il serait instructif de connaître le poids économique pour les collectivités, particuliers et entreprises d’un acte de délinquance.
Un véhicule qui brûle dans un quartier chaud, c’est l’intervention d’une équipe de policiers, d’une équipe de pompiers, d’un véhicule de la fourrière, après il y aura déplacement d’un expert et dédommagement d’une assurance, remise en état du domaine public. Combien ça coûte ?
Un regard comptable nous interpelle. Evoquons ainsi le remplacement des abribus, des mobiliers urbains, le coût des arrêts de travail, des grèves liées à l’insécurité et donc le coût de la mobilisation extraordinaire des forces de l’ordre les soirs de réveillons. Un expert, Jacques Bichot, chiffre « à 115 milliards d’euros le coût total de la criminalité pour la période Juillet 2008 – juin 2009, ce qui représente 5,6 % du PIB. Le préjudice personnel et collectif de l’insécurité au sens large (violences et vols de toute nature) s’élève à près de 62 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 6 milliards de dépenses de protection privée, ainsi que 12 milliards de fonds publics alloués à la police, la gendarmerie et la justice ». Pour comparaison, le déficit de la sécurité sociale en 2011 s’établit à 18,6 milliards d’euros en 2011.
Strasbourg … On s’éclate
Revenons-en à Strasbourg ! Sur un air de « tout va très bien », on tente de nous expliquer que le réveillon fut pacifique et serein. Qu’il soit moins « chaud » que lors de certains millésimes est une réalité que l’on peut attester. Que de nombreux bénévoles oeuvrent au calme est acquis. Qu’il ne ce soit rien passé de grave serait par contre mentir.
Des incendies de véhicules, difficilement chiffrables en raison de l’omerta ambiante, ont ponctués les dernières nuits de l’année. Leurs témoins ? Les carcasses de véhicules stockées à la fourrière et ailleurs, carcasses dont le nombre a fait un bon entre le 31 décembre et le 1er janvier 2012. Des poubelles ont été incendiées, des abribus détruits.
A Koenisghoffen, des jeunes jouaient à cache-cache avec des forces de l’ordre entre deux incendies de voitures. Au Neuhof, des accrochages sérieux bloquèrent les rue de Périgueux, rue Jean Mermoz. Une foule nombreuse était dans la rue pendant que brûlaient des poubelles et véhicules. A Hautepierre, un chauffard a obligé deux policiers à faire usage de leur arme de service. Cinq coups de feu ont été tirés par les fonctionnaires, des violences urbaines se sont déroulées. Oublions les feux de locaux poubelles, les tensions peu festives.
Place Kléber, une minorité gâchait la fête d’une majorité et de multiples cordons de police entendaient contrôler la soirée. De nombreux témoignages font foi.
Bien sûr, ailleurs on fêtait. Bien sûr l’insécurité existe aussi toute l’année et mérite qu’on la dénonce et la combatte 365 jours sur 365. Je ne me suis jamais économisé sur le sujet!
Ce matin, je regarde la presse allemande, suisse… Pas le moindre souci à Bâle, Stuttgart et ailleurs. D’où vient donc cette « spécificité » alsacienne rencontrée à Mulhouse ou à Strasbourg ?
Là, aussi, on peut préférer la loi du silence. Sauf qu’elle ne guérit de rien. Si j’osais, je me permettrais bien une dernière question : Ils viennent d’où les véhicules incendiés stockés dans plusieurs points strasbourgeois. Elles couvrent quelle période les 70 voitures stockées à la fourrière ?
Ah oui, c’est vrai, pas de chiffres, pas de vagues !
Le rôle d’un élu est d’oser braver les interdits et de ne jamais nier la vérité. Il serait irresponsable de laisser penser aux victimes de l’insécurité, aux honnêtes citoyens pris en otages dans leurs propres quartiers qu’il ne se passe rien d’anormal autour d’eux. Cela ne ferait qu’entretenir leur colère et encourager de l’autre côté, ceux qui ne respectent pas la loi ni la propriété d’autrui.
Si faire carrière rime avec se taire, c’est sûr, je ne ferais pas carrière. Mais je crois, comme d’autres, qu’il ne faut jamais dissimuler la vérité à nos concitoyens.
Stéphane BOURHIS – Conseiller Municipal de Hoenheim – UMP


