François Hollande veut-il supprimer le Concordat ?
En annonçant l’intégration de la Loi de 1905, dite Loi de séparation des Églises et de l’État à la Constitution, lors de son discours prononcé ce 22 janvier au Bourget, François Hollande rassure peut-être Billancourt, mais inquiète Strasbourg. Au-delà de la formule, l’ensemble va faire débat.
La loi de 1905 présentée par le socialiste Aristide Briand, instaurait la laïcité à la Française. Elle mit alors en place la liberté de conscience et de cultes.
Son article 2 précise toujours: « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte».
En Alsace, la séparation est incomplète puisque la pratique maintient le Concordat de 1801, un Concordat qui ne fut remis en cause, ni par l’annexion allemande en 1870 ni par le retour des départements concernés dans la République, un Concordat qui reconnait les cultes catholique, luthérien, réformé et israélite et en rémunère les prêtres, pasteurs et rabbins.
Qu’entend donc François Hollande par l’intégration de la Loi de 1905 à la Constitition ?
Entend-t-il remettre en cause le Concordat en vigueur en Alsace Lorraine ? Il ne fait nul doute que cette question lui sera rapidement posée, car elle pourrait choquer une Alsace-Moselle attachée au Concordat et opposée à son extension comme à sa disparition. À défaut de lui la poser directement, il convient de la poser de suite à ses représentants en Alsace.
Pour l’élu de terrain que je suis, le Concordat et son équilibre ne sauraient être remis en cause au nom d’une lecture idéologique et anticléricale de la laïcité.
Stéphane Bourhis – Conseiller Municipal (UMP/J’aime Hoenheim) – www.hoenheim.com

