Strasbourg : de « Sans terres et sans reproches » à « bouffer m’a tué »

Il faut connaître le Quercy, ses falaises ocres, les Causses, ses rivières avant de découvrir Marcilhac sur Célé, son église, ses habitants. On est ici dans le Lot mais l’on pourrait être dans l’Aveyron tant certains paysages font penser à Roquefort. Ici, nous sommes pourtant à côté de Padirac et de Rocamadour ( Visitez-y la grotte de Bellevue aussi, si vous y passez).

C’est dans ce village que Stéphanie Muzard Le Moing, artiste et femme engagée, évolue et communique avec le monde. Ses rencontres lui font d’abord croiser un réalisateur lyonnais, Éric Boutarin avec lequel nait le projet d’un film « Sans terres et sans reproches ». Rencontres et témoignages s’y succèdent.

On suit des aventures, des projets de vie et des constatations sur les réalités agricoles, sur le rapport de l’homme, des hommes avec la nature. Le film de Stéphanie entend donc informer sur les OGMs, sur l’usage de pesticides, sur les impératifs et défis du monde agricole en milieu rural mais aussi sur ces jeunes, militants, terriens ou idéalistes, qui retournent à la terre afin d’y faire pousser un monde meilleur.

Il y a dans ce film un quelque chose de «Mondovino », cet excellent reportage sur le monde du vin dont l’on vous a déjà parlé ici.

L’univers dépeint par Stéphane y est parfois plus naïf donc plus touchant de simplicité. L’objectif du film est clair : générer des interrogations.

S’il fut donc diffusé à Strasbourg, il doit cela à d’autres échanges internautes, d’autres rencontres improbables – quoique – dont celle de Stéphanie avec Robert Grossmann sur Facebook.

Là, des mots échanges, des débats se font, jusqu’à l’organisation d’une projection strasbourgeoise à l’Odyssée. Une projection suivie d’un débat. Là les idées fusent entre agriculteurs, élus et passionnés.

Sansterresetsansreproches On cherche des responsables, on évoque des réalités. On passe de « Sans terres et sans reproches » à « avec peurs et beaucoup de reproches ». Le tout, est de se poser les bonnes questions.

Le Docteur Geiger en grande forme, comme à son habitude n’a pas peur, comme il le faisait lorsqu’il était élu régional, d’asséner des vérités fortes sur, entre autres,  la fertilité masculine et les enjeux de la malbouffe. Stéphanie Muzard Le Moing avance ses arguments et l’on écoute l’ensemble jusqu’aux arguments précis du représentant des Jeunes Agriculteurs.

Les questions se bousculent dans les têtes et si l’on accuse le complexe chimico-industriel, on effleure aussi nos propres habitudes de consommation. S’il y a des coupables, ne sommes nous pas complices ou tout au moins des moutons de Panurge consuméristes ?

« On ne nous dit pas tout » s’interroge Robert Grossmann ! Peut-être que si, mais peut-être aussi ne voulons nous pas tout voir de peur d’affronter de la réalité. 

Le débat s’achève, l’éveil a eu lieu. Mais que faire ? Faut-il aller vers une forme de décroissance ou inventer « l’alter-croissance » ? Comment ne pas évoquer non plus l’impact et les défis de la surpopulation ?

Avec ses 7 milliards et bientôt plus d’habitants, l’espèce humaine est aujourd’hui la  première cause des atteintes à la nature et du recul de la biodiversité.

En cela, l’homme à l’instar d’autre prédateurs fait peser une contrainte forte sur l’environnement. Comment aborder cet aspect sans heurter les consciences que l’on viendra à peine d’éveiller ? Quel sera l’impact du réveil du Quercy ou de l’Alsace sur le monde ? On dit que l’espoir fait vivre. Espérons donc que milles consciences s’éveillent !

STB

Note : On saluera ici l’initiative du Cercle des Démocrates de Progrès et de ses organisateurs.

 

De l'écologisme à la défense de l'environnement : Engagez-vous !

Geranium Si si, je vous le dis, le vert est ma couleur préférée. Pas besoin de l’inventer puisque c’est vrai. Alors, comment vous dire, là, au sortir de l’élection, je peux encore plus assumer. Allez, cessons là. S’il est vrai que la préconisation écolo-responsable ( je me méfie des « ismes ») doit devenir une réalité.

Je pourrais évoquer ma lutte contre les OGM lorsque j’étais responsable syndical étudiant ( début 90, on était pas nombreux) et les campagnes contre les Ogm dans les Restos U, mes interventions au Conseil Régional où j’étais souvent en accord avec Hugues Stoeckel,  la lutte contre le mais transgénique, la défense du HQE et la sensibilisation ( il y a 7 ans) aux risques éventuels de la téléphonie et des ondes. Mais tout cela n’aurait aucun sens et une partie des interventions se lit ici même sur 3 pages, sur ce blog.

La défense de l’environnement doit transcender les clivages et rester le révélateur d’un amour inconditionnel d’une terre et de ses terroirs, de la défense de leur richesse et de leur spécificité. A Hoenheim ainsi, on défendra avec encore plus de passion le poumon vert de la Rue de la Fontaine, mais aussi son homologue de la Vogelau et sa zone de captage d’eau. Ils ne sauraient être défigurés ou dénaturer. Pourra-t-on compter sur l’appui des forces de progrès sur ces dossiers. Là est un autre débat !

GCO : Ne pas confondre vitesse et précipitation ?

GCO%20Faut-il repenser globalement le CGO et les rapports de la périphérie de Strasbourgeoise avec la circulation ? Un usage quotidien, une analyse des données existantes, un souci de la prospective me pousse à aller plus loin que l'immédiateté et à penser les conséquences des choix émis.

Reconnu d’utilité publique en 2007 et intégré parmi les priorités du Gouvernement Fillon dans le cadre du plan de relance de l’économie, le Grand Contournement Ouest de Strasbourg, plus connu sous le nom de GCO, n’a pas fini aujourd’hui de faire couler de l’encre, ni demain du bitume.

Si son objectif noble, sous le nom de A355 est bien de fluidifier la circulation autour de Strasbourg et d’optimiser les liaisons vers d’autres villes moyennes du département, rien n’assure aujourd’hui qu’il le remplira à lui seul.

Penser résoudre la problématique des transports et des services collectifs en créant une route de plus pourrait donc être une « fausse bonne » solution ayant, qui plus est, autant l’apparence de la facilité qu’un coût non négligeable.

Solution recevable de prime abord, le GCO est porteur d’un défaut majeur dont on voudrait qu’il en soit l’atout, en ce qu’il fluidifie la circulation.

On pourrait effectivement d’abord clairement s’en réjouir ; sauf qu’à courte échéance, une telle fluidification de la circulation porte naturellement en elle, une persistance des habitudes périurbaines de transports, mais plus encore un renforcement  de l’offre de transport à l’échelle de la périphérie de la capitale alsacienne (ce alors même qu’il faudrait un maîtrise).

A une époque où l’on prend conscience de l’impact de la production de CO² et de gaz polluants,  le GCO viendrait finalement renforcer et faciliter le transport routier, donc la production des dits précédents.

La nature ayant horreur du vide, il y a ainsi donc fort à parier que tout nouveau tronçon routier, même payant (on prendra en exemple le péage londonien qui n’a permis de décongestionner la ville que de façon temporaire, tout en générant des effets collatéraux importants) serait vite rempli avec pour effet paradoxal de congestionner la circulation à de nouveaux points.

Repenser le plurimodal ?

A ce stade, on peut donc s’interroger sur la compatibilité d’une voie favorisant et fluidifiant le choix de la route alors que les collectivités (CUS, Conseil Général, et Conseil Régional) semblaient vouloir favoriser une vision multimodale de la circulation des biens et des personnes.

Enfin, comment ne pas penser que le fait de fluidifier sans les modifier les habitudes de transports concurrent au développement de l’étalement urbain et à la création, non plus de cités dortoirs mais de villages dortoirs ? En effet, qu’on le veuille ou non, la mobilité renforcée, les déplacements fluidifiés favorisent la création de bassin mort où l’on vient s’entasser dans un cadre idéal mais dévitalisé.

Relocaliser l’activité économique et favoriser le télétravail

 Or, c’est de revitalisation dont ont besoin ses espaces. Comment penser le GCO sans ses effets collatéraux ? Les communes qu’il irriguera ont plus besoin d’acteurs économiques locaux que de nouveaux habitants. Il leur faut donc une revitalisation qui passe par le développement numérique (haut-débit) et un retour d’une vitalité économique de proximité par le biais d’activités utiles et sédentarisables : une véritable relocalisation apte à permettre le vrai retour de la vie et son enracinement durable dans ses bassins. Peut-être y-a-t-il là un plan de relance durable auquel personne n’a pensé à ce jour ?

Les efforts du Conseil Régional en matière d’irrigation numérique et de haut débit pourraient ici, conforter par des partenariats avec les autres collectivités locales en charge du développement économique, jouer un rôle capital sur l’implantation de nouveaux métiers et cyber-centres.

Impact écologique et effet durable ?

Enfin, on ne serait pas complet sans une évocation de l’impact environnemental. Les travaux de mise en place et la construction du GCO ne manqueront en aucun cas, en plus de l’impact sur les transports, d’avoir des conséquences sur la diversité et l’équilibre de l’écosystème et de ses composantes animales et végétales. La faune locale pâtira naturellement de voir son espace d’évolution réduit ou profondément morcelé

Toutes ces observations mises bout à bout, impliquent sans doute aujourd’hui non de jeter le projet du GCO à la poubelle, mais de le relire en prenant en considérant les impacts immédiats et futurs de celui-ci sur la nature et sur les modes de vie dont on souhaite faire bénéficier les générations futures. Alors une relecture, puis une réécriture seront possibles.

Il ne fait nul doute que la gestion des transports conditionne l’avenir, mais les choix d’aujourd’hui aussi. Or, comme nous l’enseigne Bernanos « l'avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l'avenir, on le fait ».

Notre avenir commence donc avec les choix d’aujourd’hui, raison de plus de prendre le temps d’une vraie réflexion et de se donner les moyens de mesurer autant les impacts que les effets collatéraux de toutes les décisions !

Stéphane Bourhis - Ancien Conseiller Régional d’Alsace ( 1998-2004) 

 

Hoenheim : quel avenir pour la Vogelau ?

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L'avenir de la Vogelau interpelle les amoureux de Hoenheim. Zone verte et espace de détente, la Vogelau doit faire face à divers périls : l'urbanisation qui l'encercle, la pollution qui la détériore mais aussi depuis quelques années, des projets d'implantation d'aires d'accueil des gens du voyage.

J'ai, depuis 1995, utilisé et souligné l'importance du maintien de zones vertes au coeur des villes. Aujourd'hui, bien qu'hors de l'assemblée. Je persiste et signe et m'étonne du revirement de certains. Voilà sans doute pourquoi je me retrouve dans toutes les initiatives visant à préserver cet autre poumon vert de notre commune.

Hoenheim, Strasbourg, de la téléphonie à la dangerosité des antennes relais

Images Celles et ceux qui suivent mon engagement savent qu’il a toujours été jalonné de luttes pour la défense de l’environnement, mais aussi et surtout de ce que l’on peut appeler le « mieux vivre ». Ce fut le cas d’une lutte contre les Ogm alimentaires, menées des bancs de la faculté au Conseil régional et municipal. Aujourd’hui et depuis quelques années, il en est de même concernant la présence d’antennes relais concernant les téléphones portables.

Utilisateur d’un téléphone, je connais une partie des risque que je prends et j’essaye d’utiliser soit un casque, soit un relais mais je sais aussi que l’on ne connaît pas tout. Je suis donc légitimement inquiet quant aux déclarations des pouvoirs en place. Un temps l’on minimise, un temps on relativise, et l’on finit par alerter.

J’ai noté que le Gouvernement a souhaité, dans le cadre des Grenelle 2 encadrer le développement de la téléphonie mobile. J’en déduis donc que des doutes commencent à faire germer un principe de précaution tout en pensant, dans ce cas-là que les dispositions liées à la santé des riverains d’antennes-relais ou des utilisateurs de portables sont donc insuffisantes.

Alors que nous sommes de plus en plus soumis à un ensemble de rayonnements électromagnétiques de hautes fréquences (GSM, GPRS, UMTS, Wifi, WiMax…) sans connaître l’impact sur les organismes, la signature de la pétition Tchermobile m’a paru un acte parmi d’autres.

Lecteur, depuis sa création des textes de l’association Robin des Toits ( à ce sujet, téléchargez donc le courrier de l'association au Maire de Strasbourg ), j’oppose ainsi un doute aux certitudes affichés de certains élus et fonctionnaires. Une chose me conforte, les décisions de justice.

S’appuyant sur le principe de précaution, des Tribunaux freinent ou interdisent la construction d’antennes-relais, d’autres en font démonter. Là encore, les faits sont têtus.

Voilà sans doute pourquoi un recensement des zones d’émissions s’impose à l’échelle de chaque commune. Un jour, on se penchera aussi même s’il est à faible puissance sur l’impact du wifi, mais chaque chose en son temps.
Il incombe à chacun aujourd’hui d’éveiller les consciences. Et à ceux qui sont aux manettes de ne pas pouvoir dire que personne n’en avait parlé.


TCHERMOBILE (suite) J'ai signé la pétition Tchermobile adressée à l'ensemble des députés alsaciens. A ce jour, j'ai réçu une réponse de : Armand Jung : Le député PS a pris note de la signature et a interpellé Mme Roselyne BACHELOT, Ministre de la santé, de la jeunesse et des sports, le 28 janvier dernier. Merci à lui pour sa réponse.

OGM : plus que jamais, le principe de précaution

Thumb_souris_2 Au Viêt-Nam, au Mali… Nombreux sont les pays à faire le choix des OGM. L’Europe discute, la France semble respecter un principe de précaution. Mais, bon an, mal an, nous consommons sans doute déjà des aliments issus des organismes génétiquement modifiés.

A leur apparition, alors que j’étais étudiant, j’avais initié une campagne devant les restos U qui disait « Pas d’ OGM dans nos assiettes » ». Nous étions dans les années 90 et à l’époque, peu de personnes s’intéressaient à la problématique, en dehors des milieux écologistes.

Je n’ai pas bougé et je reste sur une ligne de précaution. Conseiller régional d’Alsace, puis Conseiller municipal de Hoenheim, j’ai essayé de faire avancer mes dossiers. Suis-je contre la biotechnologies, bien sûr que non, par contre, je suis contre la prise de risques non mesurés pour nous et les générations à venir.

Des autorités autrichienne viennent de rendre publique une étude s’intéressant aux effets sanitaires à long terme d’un maïs OGM autorisé pour l’alimentation humaine et animale en Europe, depuis 2007. A l’initiative des ministères autrichiens de la santé et de l’environnement, l’université de Vienne a comparé l’impact d’une alimentation composée à 33 % d’un maïs OGM et de rations équivalentes qui en sont exemptes, sur plusieurs générations de souris.

Le résultat est inquiétant. En 5 mois, on a constaté une diminution significative du nombre de portées et de jeunes, notamment à partir des 3e et 4e générations des souris alimentées par les OGM. Le poids des souriceaux était lui aussi en baisse.

J’attends avec impatience que l’on prenne des mesures tant afin de faire évoluer les avis de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA), mais surtout que l’on procède à une réévaluation des risques liés aux OGM, notamment en mettant en place des analyses à long terme. Ce qui aurait du déjà être fait.

Je pense à ce dicton : «Les parents ont mangé les raisins verts, et les enfants en ont les dents qui grincent» et me dit que le respect du principe de précaution s’impose.

Robert Hainard, l'écologie au naturel

 Â« Un jour, le gauchisme s’en prendra, dans son désir d’effacer les structures, aux espèces et le malentendu au sujet de la protection de la nature sera éclaircie ».
 
Robert Hainard, Vertu de l’isolation, 1982

Robert-hainard Je dois au Recours aux Forêts, une revue écologiste, le plaisir de m’avoir fait découvrir différents auteurs dont l’un est particulièrement central pour aborder « sainement Â» le domaine de l’écologie. Il s’agit de Robert Hainard. En 1943, dans « Et la nature ? Â», il aborde les limites de l’idéologie du travail et de ses excès. L’homme est à la fois artiste et philosophe. Il dénoncera aussi l’ensemble des « idéologismes occidentaux Â», construits contre la Nature et sera aussi l’un des premiers à renvoyer dos à dos, les partis politiques

Naturaliste, il laisse 35.000 dessins animaliers, mais aussi de nombreux écrits. Aussi, je me permets de vous glisser ici un lien vers son dernier ouvrage « Le Monde Plein Â» et vers la fondation qui soutient son Å“uvre.

Hainard sera classé à droite par ses adversaires. Conservateur et défenseur du figuratif, il se revendique pourtant libertaire et sa pensée radicale.

Une oeuvre source

Article d’Antoine Waechter - Publié dans le recours aux forêts N° 8 - 1999

Robert Hainard est un auteur central dans les origines de la pensée écologiste. Bien que relativement modeste, son oeuvre philosophique a eu une grande influence parmi les milieux naturalistes francophones.

Dès 1946, Robert Hainard trace, dans "Nature et Mécanisme", les grandes lignes du discours des années 80 : l'éloge de la diversité, la critique du productionnisme et de l'anthropocentrisme, l'appel à limiter notre emprise sur le Monde. Il incarne la racine naturaliste de l’écologisme, celle qui fournit, avec la non-violence, les principaux points de divergence avec le socialisme et le libéralisme, celle qui l’identifie le mieux face aux idéologies matérialistes des XIXe et XXe siècles.

La particularité de cet artiste-philosophe réside dans son expérience unique : c’est en attendant l’ours dans une forêt vierge slovène, en guettant les loutres dans une anse du Rhône inondée par la lumière de la lune, ou en écoutant le brâme du cerf, qu’il forme sa réflexion. Il voit la ville de la lisière sauvage, il observe l’Humanité à partir d’un territoire où l’Homme ne règne pas, il est face au bulldozer et non derrière. Ce point de vue, au sens littéral du terme, lui donne du recul par rapport à la mêlée humaine.

Sa sensibilité, la révolte qu’il exprime face au recul inexorable du monde merveilleux qu’il observe, connaît et dessine, lui a valu l’affection de plusieurs générations de militants engagés contre les effets dévastateurs de la seconde révolution industrielle. Par contre, son discours ne pouvait que susciter l’incompréhension, sinon l’hostilité, des chantres de la croissance et des partisans de la civilisation universelle.

De fait, Robert Hainard est inconnu du grand public. Peut être parce qu’il a le tort d’être Suisse, et de fréquenter les sous-bois au lieu des salons parisiens, sûrement parce qu’il a exprimé des idées iconoclastes pour son époque.

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Face aux crises de la croissance, penser la décroissance !

Code  Face aux pollutions et face aux dérèglements climatiques, à l’épuisement des réserves naturelles, la transformation de notre planète en poubelle ne peut laisser indifférent. Il convient d’en analyser les causes et d’envisager ensuite un certain nombre de solutions à mettre en place. Parmi celles-ci, la théorie de la décroissance, portée par la notion même de limites imposées par la nature, permet d’affirmer que l’on ne peut vivre à crédit sur un capital en voie de disparition. Cette analyse des effets de l’impact écologique de nos systèmes sociaux, permet ensuite d’affirmer que nous allons dans le mur, mais de plus en plus vite.

Voilà sans doute pourquoi, les « décroissants » nous invitent à retrouver la « bonne vie » au sens où Aristote la définissait, à stopper la fuite en avant sans mesurer les impacts de nos actes. Bref, à passer de la société de l’avoir à celle de l’être. Là, comment ne pas se retrouver dans cet appel qui parle naturellement aux amoureux de la terre ?

Au-delà du développement durable, frein nécessaire mais pas décisif, c’est bien un changement de cap des comportements et modes de vie et de production qui doit être envisagé. L’envie de protéger l’environnement écologique suppose ainsi de revoir les valeurs sur lesquelles se fondent une partie de nos habitudes économiques.

Le Grenelle de l’Environnement : une goutte d’eau dans l’océan des révolutions à mener

Voilà pourquoi, à l’heure du « tout écologique », il convient de penser une écologie libérée des excès des marchés, de relire Serge Latouche et de répondre clairement à une question : le « Grenelle de l’environnement » est-il compatible avec la relance de la croissance qui fait suite à la crise dites « des subprimes » ? Au mieux, il n’est à peine que le premier pas du chemin à parcourir.

Pourquoi ne pas d’imaginer une évolution,  soit une « alter croissance », soit la décroissance pour aller au bout d’une écologie politique ? Cette voie n’est pas simple à suivre pour l’ensemble de la classe politique. A la droite, elle impose de revoir le dogme de la croissance et à la gauche de repenser son idéologie du progrès.

Plus sérieusement, on en arrive donc à s’interroger autant sur le sens de l’Histoire, sur l’hégémonie de « l’économisme intégral » et d’appeler de nos vœux ce que Serge Latouche nomme une « pédagogie des catastrophes ».

Encore faut-il savoir si celle-ci serait efficace ?  On évoque aujourd’hui la hausse du coût des matières premières, la montée des eaux, le réchauffement climatique. On voit autour de nous des maladies apparaître, des cancers toucher une partie de la population de plus en plus jeune. On imagine se dessiner demain des guerres pour l’eau, le tout  en se souvenant, affolés, que seuls 2 % de l’eau présente sur terre est potable. Et pourtant, on continue de croire ou de faire comme si la planète était une corne d’abondance sans mesurer une seule seconde les conséquences qu’impliquent de notre surconsommation.

« Positive attitude ou pédagogie des catastrophes »

On peut, face à cela, adopter une « positive attitude », continuer en pensant pour les uns que l’homme, pour les autres que Dieu (quelque soit son nom) trouveront une solution. Maintenant, il y a peut-être lieu de se dire qu’il convient d’agir. Ici et maintenant !

Alors certes, la décroissance ou cette alter croissance reste à définir. Elle peut même aboutir à un libéralisme revu et corrigé, cela, à la condition d’intégrer dès aujourd’hui des passages fondamentaux comme la relocalisation de l’économie, le retour de l’autosuffisance, la suppression des produits jetables, la réduction des emballages, la lutte contre le gaspillage, l’intensification de recyclage, la dynamisation d’une agriculture de proximité, et enfin une véritable démocratie directe apte à responsabiliser le corps social.

A la lecture du  Petit traité de la décroissance sereine de Serge Latouche, ou de Demain la Décroissance, d’Alain de Benoist, on comprend ainsi lentement que cette responsabilisation est vitale, et qu’elle marque aussi le passage de l’individualisme à l’autonomie et à la subsidiarité.

On nous répondra que c’est un « retour en arrière ». Il faudra simplement expliquer que c’est surtout une autre voie, une recherche d’équilibre et une réécriture des rapports de l’homme et de la nature.

Du courage, économique, écologique, politique …

A la manière d’un Francis Bacon qui nous apprit que l’on ne commandait à la nature qu’en lui obéissant, l’homme doit réapprendre que la nature n’est pas inépuisable et que l’exploitation de ce patrimoine, sur lequel nous asseyons notre existence pourrait précipiter notre chute.

Voilà pourquoi, il convient peut-être aujourd’hui, par delà les clivages politiciens, d’oser penser une critique de la modernité, mais aussi dans l’absolue des idéologies qui ont gouverné le monde croissant, la décroissance est une voie à étudier. Lorsqu’approchent les murs qui ferment les impasses, l’urgence de dessiner d’autres voies est incontournable.

A l’échelle des collectivités locales alsaciennes, cela passe par l’analyse claire du théâtre des opérations, par l’intégration des impératifs environnementaux et la prise de mesure courageuse, donc impopulaires si elles ne s’accompagnent pas de pédagogie et de vérité.

 

La crise écologiste : l’autre crise

Images Au-delà de la crise financière qui occupe nos médias, de son pendant économique qui s’annonce, l’heure est peut-être venu d’imaginer aussi une « alter-croissance », voire une décroissance qui  permettent, en plus des effets indésirables de l’ultra-libéralisme, d’intégrer à la réflexion la prise en compte politique du fait écologique.

Depuis mes premières années d’engagement, j’ai toujours eu à cœur d’intégrer le respect de la nature et de ses lois à l’action politique. En faculté, bien avant la gauche, je faisais partie de ceux qui dénonçaient – à l’époque tel des extra-terrestres – l’arrivée des ogm dans nos assiettes. Je me souviens alors de militants qui ne comprenaient pas que pour une fois, on leur parle d’autre chose. J’ai poursuivi cet engagement durant mes mandats électifs, me sentant d’ailleurs sur certains points, bien en phase avec des élus verts sur une partie de leurs analyses (que je trouvais parfois pas assez poussées à bout). La lecture des écrits de Edouard Goldsmith, de Konrad Lorenz, de Dumont, de Waechter m’avait ouvert la voie vers la défense d’une politique non écologique, mais « bio centrée ».

En effet, au-delà de l’environnement, c’est bien de vie dont il est question. La nôtre d’abord, celle de nos descendances ensuite.  Comme l’écrivait Laurent Ozon : « avant que d’être une crise de notre mode de production, de redistribution des richesses ou de la dégradation de nos biotopes, la crise écologique est bien une crise relationnelle avec les mondes dans lesquels nous évoluons. En cela, intégrer la culture écologique dans notre champ de réflexion et d’action, c’est reconnaître que, parallèlement à la destruction des écosystèmes, c’est à la dégradation de notre humanité que nous assistons.
Cette dévastation sans équivalent nous bouleverse parce qu’elle nous montre en quoi nous ne nous retrouvons plus dans le monde, en quoi il nous est devenu étranger, en quoi, finalement, notre existence s’est appauvrie. Et puisque c’est au travers de sa culture qu’un peuple, qu’un homme, comprend le monde et lui est relié, c’est bien sur le chemin d’une véritable révolution culturelle que nous devons nous engager.
Nous devons nous interroger, non pas tant sur les remèdes à apporter à des pollutions que sur ce qui a permis qu’elles adviennent. La catastrophe serait que, ignorant les causes profondes de ces phénomènes, à savoir l’état de notre culture et les liens que nous établissons avec le monde, nous nous contentions de n’apporter qu’une réponse technique à des problèmes qui sont d’abord des signes.
Comme une maladie est le signe d’une inadéquation entre une manière de vivre et les lois naturelles, nos pollutions sont les signes d’une inadéquation entre la civilisation industrielle et capitaliste et les lois du monde.
Il est illusoire de croire que nous arriverons à limiter la grande destruction à laquelle nous assistons, en instituant des réglementations de protection environnementales, qu’elle soit d’inspirations libérales, socialistes ou mêmes prétendument écologistes. Car c’est le contrôle technocratique qui s’accentuera alors, sans que soient remises en question les causes fondamentales des problèmes. Le remplacement des normes technocratiques de gestion capitaliste par celle des normes technocratiques de gestion pseudo-écologiste, ne nous réconciliera pas avec le monde
».

On l’aura compris, c’est bien la logique même du rapport à la nature qui doit être revue et pas par une idéologie écologiste, mais bien d’une méthode écologique qui s’ouvre autant à droite du côté de l’ump ou du modem, qu’à gauche.

C’est bien une révolution culturelle qui s’impose. A l’échelle d’une commune, bien entendu mais aussi à l’échelle d’un continent comme l’Europe et par extension au monde trop souvent dominé par une pensée politique et économique unique.

 

 

 

Yves Cochet, prophète de la pétrole-apocalypse

Petrole-apocalypse Sur une plage non mazoutée ou sur une place goudronnée, la lecture de Pétrole Apocalypse fait néanmoins frémir. « Nous vivons la fin du pétrole bon marché. Et les adaptations requises vont sérieusement bouleverser nos modes de vie. Cela ne sera pas un simple choc économique, mais la fin du monde tel que nous le connaissons, car nous devrons organiser la décroissance de la consommation de matières et d’énergie, tout en sauvegardant la solidarité ».

Yves Cochet, ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement dans le gouvernement Jospin. Docteur en mathématiques et député Vert de Paris lance un pavé dans la mare. A l’instar de certains écologistes, il faut le lire.

 Â« Chaque jour qui passe nous rapproche d’un choc imminent que nous ignorons : la fin de l’ère du pétrole bon marché ». Le drame est annoncé et l’auteur évoque la raréfaction de l’or noir et la crise qui en découle, la nécessité d’économiser l’existant, les tensions internationales et finalement la nécessité de relocaliser plutôt que mondialiser et ainsi aller finalement à l’encontre des voies royales tracées par certaines capitales.

Et du côté des solutions, l’auteur fataliste explique qu’il faut choisir l’autosuffisance locale et régionale, la décentralisation géographique des pouvoirs, le protectionnisme, et, effectivement la relocalisation économique.

Interrogeons-nous rapidement car, en dehors des solutions technologiques et deus ex-machina énergétiques, l’après pétrole a déjà commencé. Hier pourtant, j’ai consommé un plein de 40 litres pour pouvoir travailler.

Des livres sur Hoenheim

  • Car Park and Terminus Hoenheim
    Voici quelques livres sur notre commune. Si vous en possédez d'autres, nous sommes preneurs d'une photo de la couverture et des informations utiles à celles et ceux qui recherchent des données sur Hoenheim, qu'ils soient passionnés, chercheurs, étudiants et curieux.